Serpentine rouge (Jimmie Durham)

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Jimmie Durham, photo © Stephan Menoret, Ville de Nantes
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Symptômes du détail

Dans la sculpture du Laocoon en lutte avec les serpents, A. Warburg trouve un pathos du langage des gestes qui deviennent ses leit-motivs : la ligne serpentine, le mouvement, la souffrance et la jouissance. La question qui le pousse est celle de dévoiler le sens authentique de la Renaissance de l’Antiquité, puisqu’il ne se satisfait pas des interprétations qui font autorité dans la question, comme celles de Johann Winckelman ou G.F. Hegel. Pour lui, autant l’Antiquité que la Renaissance semblent traversées par des contradictions intrinsèques entre les éléments appoliniens et dionysiaques. Plutôt qu’à la sérenité et beauté classiques, A. Warburg s’intéresse à la dialectique du style, à ce qui fait symptôme dans l’image, qu’il condense dans un de ses aphorismes les plus connus : "Le bon Dieu est dans les détails". Et le détail compte pour le tout : pour lui, l’art n’est pas une simple question de goût mais une question vitale, car il est "au centre remous de la civilisation" [8, p 143]. Son travail anticipe Walter Benjamin sur le terrain de l’analyse des différentes "valeurs" de l’œuvre d’art - valeurs esthétiques, cultuelles, d’exposition ou de réproduction -, impliquées par les usages sociaux des pratiques artistiques, ces mêmes valeurs qu’il voit danser frénétiquement avec la modernité technologique. Inspiré par les théories de "la polarité" véhiculées par le romanticisme allemand de son temps – Johann W. Goethe, mais aussi F. Nietzsche -, l’art lui paraît être le lieu d’un frémissement de la subjectivité créatrice entre un pôle d’angoisse constituante et la contemplation mathématique de la pensée. Dans ce processus de "pansement par le symbole", se créent des intervalles où prennent place les images des arts plastiques, mais aussi les fêtes, le théâtre, la musique et la danse, véhicules dionysiaques de la jouissance de la vie. Dans le sillage de F. Nietzsche [19], il y voit l’entreprise de libération à travers la création artistique de la condition tragique de l’existence, à l’échelle individuelle et collective. Un procès dont l’imaginaire est la substance et le travail historique de la culture l’opérateur.

Eduardo Mahieu

http://eduardo.mahieu.free.fr/2008/warburg_fuite.htm

Œuvre

Titre Serpentine rouge
Description
L’étrange animal “industriel” qui surgit sur le ponton est constitué de tubulures qui évoquent un serpent de mer ou un dragon de plus de 40 m de long. Il sort du fleuve, rampe et se dresse face à la Loire, “gueule ouverte” tel le Léviathan. La figure du serpent et l’utilisation de tubes industriels sont récurrentes dans l’œuvre de Jimmie Durham. Le serpent symbolise notamment le fleuve et le tube représente un “conduit” pour l’imagination permettant de décloisonner – tout en les reliant – espaces et hiérarchies : eau/ciel, dessus/dessous, visible/invisible, passé/avenir…
Date2009
Naturepérenne
Contexte de production
Manifestation Estuaire 2009
Période art contemporain
Domaine(s) sculpture monumentale
Couleurs rouge
Matériaux plastique
Précision sur les matériaux PVC
Diamètre (m) 11 m
Précision sur les dimensions40 mètres de long
Sujet représenté serpent, dragon
Mots-clés serpent, ligne serpentine, dragon, fleuve, industrie, tuyau
Influences David Hammons
A influencé Mathieu Mercier
CollectionEstuaire (France)
Commanditaire(s)CRDC / Estuaire
Commissaires Virginie Pringuet
Partenaires privéDCNS, IXO

Site

Nom du siteDCNS
Ville Indre
Département Loire-Atlantique
Région Pays de la Loire
Pays France
Détails sur le site
Quai de l'entreprise DCNS
Visibilitédepuis le bac assurant la traversée de la Loire
PMRsite accessible aux personnes à mobilité réduite
Points d'intérêtErmitage de Saint-Ermeland à proximité
Latitude/Longitude47° 11' 48" N
1° 40' 40" O

Artiste

Jimmie Durham

Jimmie Durham.jpg

Jimmie Durham est un artiste d’origine cherokee, né en 1940 en Arkansas. Militant historique de la cause indienne et des droits civiques, il s’installe en Europe en 1994. Revendiquant depuis toujours une totale liberté, Jimmie Durham traverse les catégories artistiques, historiques et contemporaines, remettant en question les fondements et les systèmes hiérarchiques de l’art. Ses œuvres confondent systématiquement ceux qui les regardent. Elles cultivent une étrangeté qui transforme des objets communs, trouvés ou rejetés, en êtres mystérieux, sources de curiosité et d’investigations, indices de mondes imaginaires possibles. Son œuvre est un travail sur le langage, les mots, les images, et leur esthétique du bricolage fait référence à la “pensée sauvage” des “arts indigènes” tout en parodiant les conventions ethnographiques.
Lieu de naissance Washington, Arkansas, Etats-Unis
Date de naissance 1940
Nationalité américaine
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ATLAS

Construction / installation / Montage

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Autres prises de vues

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